Posts filed under ‘La bourse aux 2 sous’

La bourse aux 2 sous

This is a French translation by Eugène Stanciu of the Romanian folktale Punguţa cu doi bani by Ion Creangă

Il était une fois une vieille femme et un vieil homme. La vieille possédait une poule, et le vieillard un coq.
La poule de la vieille pondait deux œufs par jour et…
…la vieille mangeait beaucoup d’œufs, mais le vieillard n’en profitait jamais.
Un jour, le vieil homme lui dit :
– Donne-moi quelques œufs pour apaiser ma faim.
– Si tu veux des œufs, tu n’as qu’à frapper ton coq, lui répondit la vieille grippe-sou.
Le vieil homme écouta le conseil de la vieille, attrapa le coq et le frappa en lui disant:
– Tiens! Ou bien tu ponds des œufs ou bien tu t’en vas de ma maison!
Le coq s’enfuit de la maison. En chemin, il trouva une bourse avec deux sous. Il la prit dans son bec et retourna chez son maître.
Sur le chemin il croisa une riche calèche; dès que le boyard vit le coq, il ordonna au cocher de voir ce qu’il avait dans son bec.
Le cocher retira la bourse du bec du coq, la donna au boyard et continua son chemin.
Le coq n’abandonnant pas sa bourse, il poursuivit la calèche en criant.
– Cocorico! Rendez-moi ma bourse aux deux sous !
Le boyard, furibond, ordonna au cocher de jeter le coq dans le puits, sur le côté du chemin.
Mais, le coq but l’eau jusqu’à ce que le puits soit à sec.
En sortant du puits, il poursuivit à nouveau la calèche en criant.
– Cocorico! Rendez-moi ma bourse aux deux sous !
Le boyard en colère, arrivant à la maison, ordonna à une domestique sans cœur de jeter le coq dans le four.
La vieille attrapa le coq et le jeta dans le four plein de braises.
Mais, le coq répandit l’eau avalée, et le feu s’éteignit.
Il en sortit aussitôt, sain et sauf, courut à la fenêtre du boyard malhonnête et cria:
– Cocorico! Rendez-moi ma bourse aux deux sous!
– Voilà! Je me suis mis dans un sale pétrin avec ce coq, dit le boyard. Il ordonna de le lancer au milieu du bétail. Peut-être un bœuf furieux l’encornerait-il et lui ferait la peau!
Alors, si tu avais vu le coq avaler les bœufs, les vaches et les veaux jusqu’au dernier, tu aurais vu son ventre gonfler et devenir aussi gros qu’une montagne.
Il déploya ensuite les ailes dans la direction du soleil, assombrissant toute la maison du boyard et il réclama encore la bourse aux deux sous.
Quand il vit cette prouesse, le boyard pâlit de peur et jeta le coq dans la salle du trésor où dormait son or… peut-être avalerait-il une pièce qui lui resterait en travers de la gorge.
Et le coq gourmand commença à picorer l’or.
Quand il n’y eut plus d’or, il sortit et demanda encore la bourse. En voyant qu’il ne pouvait rien faire, le boyard lui lança finalement la bourse aux deux sous.
Satisfait, le coq attrapa la bourse dans son bec et partit.
Les volailles de la cour du boyard, éblouies par tant de vaillance, le suivirent.
Sur le chemin de la maison, le coq se pavanait tandis que les volailles marchaient derrière lui en procession.
Arrivé à la maison du vieil homme, il appela son maître pour qu’il lui donnât une couverture.
Il battit des ailes et, aussitôt, la cour du vieil homme se remplit de bétail…
…et sur la couverture, un monticule d’or brillait au soleil.
La vieille crevait d’envie.
– Grand-père, dit-elle, donne-moi un peu d’or.
– N’y pense pas. Quand je t’ai demandé des œufs, qu’as-tu répondu?
Alors la grand-mère attrapa la poule et la tapa.
Dès que la poule s’échappa de ses mains, elle s’enfuit et sur le chemin, trouva une perle en verre. Elle l’avala.
Ensuite elle retourna rapidement chez la vieille femme et alla droit vers son poulailler.
Après une heure ou deux la poule, très fière de son exploit, pondit la perle.
La vieille femme crut que la poule se moquait d’elle…
…elle l’empoigna et la frappa à mort. La vieille avare sans cœur demeura très pauvre.
Mais le vieil homme vécut en paix jusqu’à la fin de ses jours, aux côtés de son coq futé.

February 6, 2009 at 6:05 pm 1 comment


Categories